Les erreurs courantes entre IA et secret professionnel
1. Croire qu'une « simple reformulation » ne révèle rien
C'est l'erreur de l'introduction. On demande à l'IA de corriger un ton, une orthographe, une tournure : le texte à corriger est pourtant le dossier lui-même.
La conséquence : le message entier part chez un fournisseur que vous n'avez pas choisi, souvent conservé dans l'historique du service. La révélation a lieu dès l'envoi, quel que soit l'usage qu'il en fera.
La parade : pour ce genre de tâche, travailler sur un modèle confidentiel. Dans IA Confidential, les modèles confidentiels, standards et spécialisés, sont des modèles ouverts installés sur des serveurs en Suisse et en Europe, hors du champ du CLOUD Act, qui ne conservent rien de vos échanges. C'est le choix par défaut. Et quand le ton seul compte, le cas se décrit en une phrase :
Reformule ce mail pour qu'il soit rassurant sans rien promettre : un client apprend qu'un contrôle va avoir lieu et me demande ce qu'il risque. Garde-le court, sans jargon, et termine par une proposition de rendez-vous.
2. Penser que retirer le nom suffit
« Un notaire d'une commune de trois mille habitants, une succession avec un domaine viticole » : il n'y a plus de nom, mais plus de doute non plus.
La conséquence : le texte reste une donnée personnelle et le dossier reste reconnaissable. Le secret couvre le contenu, pas seulement l'identité. Le piège est détaillé dans notre guide anonymisation ou pseudonymisation.
La parade : si le contexte identifie à lui seul, rester sur un modèle confidentiel, message intact. Si vous choisissez un modèle anonymisé pour une question générale, le filtre confidentialité détecte d'abord les données sensibles et vous propose de répondre avec un modèle confidentiel, ou d'envoyer une version anonymisée que vous relisez et corrigez. Dans le panneau Confidentialité, vos consignes d'anonymisation ajoutent ce qu'aucun détecteur ne devine : le nom de l'étude, le surnom d'un dossier, une référence interne.
3. Se fier à un réglage ou à des conditions d'utilisation
« J'ai désactivé l'historique », « le service dit qu'il ne garde rien » : on délègue le secret à une case cochée chez quelqu'un d'autre.
La conséquence : vous ne pouvez pas vérifier ce qui est réellement conservé, les conditions changent, et un fournisseur soumis à une loi étrangère peut être contraint de livrer ce qu'il détient.
La parade : choisir un cadre où il n'y a rien à livrer. Dans IA Confidential, vos conversations sont gardées dans votre navigateur, jamais sur nos serveurs : si on nous les demandait, nous n'aurions rien à donner. Les modèles confidentiels traitent le message sans le conserver ; un modèle anonymisé, lui, n'est jamais choisi à votre place.
4. Joindre les pièces sans penser à ce qu'elles contiennent
Un PDF, un scan ou une photo portent plus que le passage qui vous intéresse : des annexes, des numéros, des noms en en-tête, parfois la position GPS d'une image.
La conséquence : pour une question sur une clause, c'est tout le contrat qui part, avec les parties et les montants.
La parade : les pièces jointes (texte, PDF, Word, images) sont lues dans votre navigateur, et aucun fichier n'est stocké sur le disque du serveur. Vers un modèle anonymisé, seuls des extraits pseudonymisés partent ; les images perdent leurs métadonnées, dont la position GPS. Si un document reste identifiant même masqué, l'assistant affiche « Document identifiant » : il est traité par un modèle confidentiel, ou seule votre question part. Pour un dossier entier, sur ordinateur avec Chrome, Edge ou Opera, vous pouvez ajouter le dossier de l'ordinateur à un espace avec l'option « Modèles confidentiels » : il n'est alors jamais envoyé à un modèle anonymisé. Un espace par client ou par affaire évite aussi de mélanger les dossiers dans la même discussion.
Dans les pièces jointes, retrouve toutes les échéances (délais, dates de règlement, dates de réponse attendues). Présente-les en tableau avec la pièce et la page d'où vient chaque date, et signale celles qui se contredisent d'une pièce à l'autre.
5. Laisser l'IA décider de ce qui peut sortir, ou de ce qui est vrai
On finit par faire confiance : on copie la réponse dans un acte, on envoie un message sans le relire, on suppose que l'outil a tout masqué.
La conséquence : l'IA peut se tromper et inventer avec aplomb, une date, un article de loi, un fait absent du dossier. Un détecteur peut aussi laisser passer un détail. Dans les deux cas, c'est votre signature qui engage.
La parade : relire tout ce qui sort, vérifier chaque référence dans vos sources, et garder la main sur ce qui part vers un modèle anonymisé. L'IA peut même vous aider à préparer une question générale sans rien du dossier, sur un modèle confidentiel d'abord :
Voici la situation de mon client. Réécris-la en une question de principe, sans aucun fait propre au dossier : ni dates, ni montants, ni lieux, ni profession, ni lien de parenté. Je veux pouvoir la poser telle quelle à un modèle anonymisé. Liste ensuite tout ce que tu as retiré, et dis-moi si la question perd quelque chose d'essentiel.